Cultiver le Bonheur

« Chaque instant est bonheur à qui est capable de le voir comme tel ».
(Henry Miller)

Le Bonheur ou un idéal obsessionnel

Qu’est-ce que le bonheur ?

Galvaudé à l’extrême, ce terme est utilisé à toutes les sauces, théorisé depuis que le genre humain existe. Déjà dans l’Antiquité, d’innombrables traités parlent du sujet ; saint Augustin dénombre 289 opinions diverses sur la nature du bonheur.

Au Moyen Age, le bonheur ne peut être envisageable qu’après la mort, dans un paradis accessible exclusivement à des âmes vertueuses. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que les Philosophes rendent à l’homme l’espoir du bonheur au niveau terrestre ; plus de 50 traités dissertent sur ce concept, cher aux Lumières, du droit au bonheur de l’individu, reléguant Dieu au second plan. La dispute est permanente : qu’est-ce que vraiment le bonheur ?

Dès le XIXe siècle, on affiche la volonté d’accéder au paradis terrestre, notamment grâce au progrès technologique et une vie matériellement réussie, et nombreux sont ceux qui plongent dans le désespoir, faute de ne pas pouvoir y parvenir.

Après la 2e guerre mondiale, le droit au bonheur est devenue un devoir ; tout est évalué sous l’angle du plaisir. Il devient impératif de « profiter » de sa vie ; dans le cas contraire, on parle crûment de l’échec. Le bonheur est érigé au dogme ; il faut jouir de la vie à tout moment, voilà le nouveau catéchisme.

A méditer :
« Le bonheur n’est pas le droit de chacun, c’est un combat de tous les jours »
(Orson Welles)


A la recherche du bonheur

Nous sommes sur terre pour essayer de parvenir au bonheur. Mais en fait, qu’est-ce que le bonheur ? La santé, l’amour, la richesse, le confort, la réussite ?

Le bonheur est conçu comme un idéal, synthèse admirable de toutes les réussites, tant professionnelles qu’émotionnelles ou amoureuses. Le terme est tellement flou que nous ne savons pas si nous sommes heureux ou pas.

Or, nous nous créons consciemment des problèmes : le travail, les relations avec autrui, la vie émotionnelle, la santé, tout nous semble insatisfaisant. Nous pensons avoir le droit absolu sur le bonheur. Nous attendons qu’il nous surprenne, inopinément, sans crier gare : « Coucou, me voilà, je suis ton bonheur et je suis venu pour te rendre heureux ».

A méditer :
« Le plus souvent, on cherche le bonheur comme on cherche ses lunettes, quand on les a sur le nez »
(André Maurois)


Bonheur inaccessible ?

Nous nous efforçons à croire que le bonheur est inaccessible et malgré cela, nous attendons tout de lui, alors qu’il a l’air de fuir sans arrêt. Si nous souhaitons savoir ce qui se cache derrière ce concept, essayons un petit jeu : si nous n’avions que quelques mois à vivre, qu’aimerions vivre d’urgence ? Une grande histoire d’amour, être richissime, se trouver sur une île paradisiaque ?

Cette prise de conscience, salutaire pour les insatisfaits, nous oblige à nous concentrer sur l’essentiel. Quel est notre vrai désir et quels sont nos vrais besoins ? Comment se recentrer ? La lumière est là, encore faut-il aller la chercher. Ne cherchons pas le bonheur trop loin. Il existe, nous le portons en nous.

A méditer :
« La source du vrai bonheur est en nous, et il ne dépend pas des hommes de rendre vraiment misérable celui qui sait vouloir être heureux »
(Jean-Jacques Rousseau)

Le Bonheur en 8 leçons

1. Lunettes roses ou noires ?

La vie est le reflet de notre psyché. Si nous sommes pessimistes, la vie paraîtra sinistre. Chaussons-nous des lunettes noires ou des lunettes roses ? A travers quel prisme concevons-nous la réalité ? Selon que nous considérons notre vie comme un verre à moitié plein ou à moitié vide, nous adoptons en toute conscience, ou encore en parfaite mauvaise foi, le regard sur la trajectoire de notre existence.

Or, qui nous impose cette vision ? Nous. En disant « je suis malheureux », nous nous identifions au malheur. En disant « je suis heureux », nous propageons en nous et autour de nous des vibrations positives.

A méditer :
« Le bonheur humain n’est pas tant le produit de grands coups de bonne fortune qui arrivent rarement, que celui des petits avantages qui ont lieu tous les jours. »
(Benjamin Franklin)


2. Vivre, c’est choisir

La liberté, c’est de pouvoir choisir. Nous avons toujours le choix de faire ou de ne pas faire telle ou telle chose. Si notre logement ne nous convient pas, nous pouvons déménager. Nous pouvons changer de travail, changer de relations sociales… si nous en trouvons le courage.

Certes, d’aucuns diront qu’ils ne peuvent pas changer le courant de leur existence. Or, ne pas changer est aussi un choix. Ne pas vouloir faire un effort est aussi un choix… qui se paie cash. Même pauvres, même malades, même accablés, nous pouvons garder un regard positif sur notre vie. Est-il nécessaire de rappeler le sourire bienveillant du Dalaï-Lama ?

A méditer :
« Au lieu de te plaindre du noir de la pièce, va donc chercher une bougie ! »
(Sagesse Zen)


3. Etre heureux, c’est agir

Bien sûr, en faisant un choix, nous pouvons nous tromper : mauvais appartement, mauvais partenaire, mauvais choix professionnel. Et alors ? Il faut remettre les pendules à l’heure, sans se décourager. Nous nous sommes trompés, nous corrigerons le mauvais tir.

Il faut toujours rester dans l’action. Le Karma Yoga (Yoga de l’Action) nous le rappelle constamment : ce n’est pas tant le fruit de notre effort qui est important que l’effort lui-même. Travailler et progresser sans se poser des questions inutiles. Se fixer des objectifs mais ne pas laisser dépendre notre bonheur de leur réalisation. Organiser sa vie, c’est bien, attendre des miracles, c’est vain.

A méditer :
«Qu’on le veuille ou non, le chemin est à faire ».
(Lao-Tseu)


4. Eloge de l’effort

Souvenez-vous de cette histoire de deux grenouilles qui sont tombées dans une jarre remplie de lait. Les parois sont lisses, les grenouilles sautillent mais n’ont pas d’appui. L’une des grenouilles se lasse, cesse de se battre pour la survie, se laisse couler et se noie dans le lait. L’autre nage sans répit, agite sans arrêt ses pattes, lutte sans discontinuer. Et soudain, elle constate qu’elle est assise sur une motte de beurre.

C’est dans l’effort, dans la patience qu’on tisse son bonheur. Or, souvent, on espère que le bonheur nous tombe dans la bouche comme une caille rôtie. Nous vivons dans cette attente, comme un enfant, à la fois passif et avide du sein de sa mère.

A méditer :
« Si on bâtissait une maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d’attente. »
(Jules Renard)


5. Vivre dans le présent

Avant tout, il faut apprendre à vivre dans le présent, sans regrets ce qui a été ou aurait dû ou pu être. Le bonheur est là où nous sommes, maintenant, ni hier, ni demain.

Carpe Diem, disaient les Anciens, vivez pleinement le moment présent qui ne se renouvellera plus. La sagesse populaire parle de l’eau, chaque fois différente, qui coule sous le pont. Ce qui a été vécu, que ce soit en bien ou en mal, appartient à notre histoire. A nous de regarder de l’avant, construire patiemment, pas à pas, le bonheur d’aujourd’hui.

A méditer :
« Rien n’empêche le bonheur comme le souvenir du bonheur »
(André Gide)


6. Renoncer à la douleur

Nous avons la possibilité de parvenir à la satisfaction physique et psychique, si nous le désirons vraiment, à condition de ne pas nous complaire dans la souffrance. Combien de personnes se lamentent sans arrêt : « Si vous saviez … combien j’ai souffert… combien ma vie était difficile… combien mon entourage a été injuste… ».

Le moment est venu de faire le deuil de ce que nous avons perdu, et de considérer des échecs et des douleurs comme autant d’expériences de vie qui nous ont enrichi en nous apprenant quelque chose sur nous-même et sur les autres. Profitons de ce qui est positif dans notre existence, ressourçons-nous à l’intérieur de nous-mêmes.

A méditer :
« S’il y a la soif, c’est qu’il y a de l’eau »
(Bhagavad Gita)


7. Apprentissage du Bonheur

Peut-on apprendre à être heureux ? Oui, bien sûr. Le bonheur s’entraîne, comme un muscle. C’est un apprentissage patient et conscient.

Comment procède-t-on ? Dans un premier temps, nous pouvons additionner tous les moments de notre bonheur quotidien, à commencer par de toutes petites choses. Nous pouvons adopter la coutume des caresses émotionnelles : chaque fois que nous sourions à la vie ; chaque fois où quelqu’un nous sourit et nous apporte quelque chose ; chaque fois qu’il fait beau à l’extérieur ou à l’intérieur de nous, nous en prenons conscience, nous le consignons précieusement dans notre cahier, réel ou virtuel, de l’apprentissage du bonheur.

N’oublions pas que le bonheur se cultive comme un beau jardin : il faut nettoyer, planter, arroser, sarcler, cueillir…

A méditer :
« On ne possède pas le bonheur comme une acquisition définitive. Il s’agit à chaque instant de faire jaillir une étincelle de joie. Ne l’oublions pas : « Souris au monde et le monde te sourira ».
(Sœur Emmanuelle)


8. Etre soi-même

De même qu’un petit lion est déjà un lion, nous grandissons intérieurement en pleine conscience de ce que nous sommes. Bien entendu, cela présuppose renforcer ou même seulement commencer à acquérir l’estime de soi, puis l’amour de soi, sans lesquels aucun apprentissage du bonheur n’est possible.

Comment faire ? Apprendre ou réapprendre à aimer son corps, même imparfait ; apprécier son caractère, son âme, même défaillants. Ne pas s’attacher à « avoir » (le bonheur consisterait à posséder), ni à « faire »(le bonheur serait dans le pouvoir) mais à « être ». Découvrir ou redécouvrir la joie pure, sattvique, dirait les yogis, de mon moi profond.

Retrouver son âme d’enfant, enthousiaste et positive qui s’ingéniera à bâtir inlassablement de beaux châteaux en sable au bord de la mer, tels mandalas tibétains, magnifiques et éphémères, dont on sait pertinemment qu’ils seront balayés par la première vague.

C’est l’action désintéressée qui est importante, le moment présent, la vie à notre portée, à la fois si belle et si courte que la première grande vague du destin l’emportera à n’importe quel moment…

Alors, êtes-vous prêts au bonheur ?

A méditer :
« Qu’est-ce que le bonheur sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène ? »
(Albert Camus)

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