Les fondements de la Sophrologie Psychosomatique

Pour une approche psychosomatique

Le regard sur la santé évolue, de même que des approches thérapeutiques. La sophrologie n’y échappe pas. Il est temps d’élargir son champ de vision et d’adopter une nouvelle application de cette discipline qui date des années 1960. La Sophrologie Psychosomatique en fait partie.

Le terme « psychosomatique » est assez récent. Il met en exergue le lien étroit entre la santé du corps et de l’esprit qui sont interdépendants, la perturbation de l’un entraînant la perturbation de l’autre. Dans ce qu’on appelait encore récemment avec condescendance la « maladie psychosomatique », on indiquait la persistance des symptômes d’une maladie, alors que les tests ne diagnostiquaient aucune lésion physiologique. Toujours est-il que la souffrance était réelle.

Cependant, un trouble psychique peut se répercuter réellement sur la santé physique, ce qu’on niait il y a encore quelques années. Mais depuis peu, on se rend compte que la pensée peut réellement perturber les circuits énergétiques et  créer de vraies maladies. De plus en plus d’études scientifiques démontrent combien le facteur du stress psycho-émotionnel peut attaquer l’équilibre hormonal et immunitaire de notre corps. Les maladies infectieuses, auto-immunes, de même que les cancers sont perçus de plus en plus dans leur globalité psycho-corporelle. D’ailleurs, le docteur Chopra dans ces nombreux livres a mis le doigt sur l’interdépendance de la corporalité et du psychisme.

La médecine académique elle-même se lance à la recherche de cette nouvelle approche de la santé, en ouvrant des cursus universitaires en « Médecine psychosomatique ». L’année dernière, un « Certificat universitaire de formation continue en médecine psychosomatique et psychosociale » de l’Université de Genève a été organisé sur 14 journées de formation. Une nouvelle formation est annoncée pour 2015-2017, de  « Médecine psychosomatique et psychosociale », réservée aux médecins qui seront, entre autres, sensibilisés par le psychosoma  lors d’un « Atelier expérimental d’approche psychocorporelle » ! On dit, mieux vaut tard que jamais. L’Université se réveille là où de nombreux thérapeutes oeuvrent avec succès depuis des décennies.

Il est étonnant que les médecins occidentaux redécouvrent ce que Platon préconisait il y a 2500 ans : « Tout ainsi qu’on ne doit pas entreprendre de guérir les yeux sans avoir guéri la tête, on ne doit pas le faire pour la tête sans s’occuper du corps, de même on ne doit pas davantage chercher à guérir le corps sans guérir l’âme ; mais que, si la plupart des maladies échappent à l’art  des médecins de la Grèce, la cause en est qu’ils méconnaissent le tout dont il faut prendre soin, ce tout sans le bon comportement duquel il est impossible que se comporte bien la partie. C’est dans l’âme que, pour le corps et pour tout l’homme, les maux et les biens ont leur point de départ… » (Charmide ou Sur la sagesse),

Lors de l’approche psychosomatique, le thérapeute se livre, de concert avec le patient, à une véritable recherche des stimulis néfastes qui auraient pu provoquer la dégradation du bien-être psycho-corporel. On remonte dans le passé récent (quelques mois à deux ans), pour noter les événements  désagréables qui ont pu altérer la santé de l’individu en consultation. On essaie de l’amener à se souvenir des pensées et des ressentis à cette époque-là, que ce soit par l’échange verbal ou la plongée dans un état modifié de conscience. Puis, à l’aide de l’approche psychosomatique, on pourra plus facilement déterminer de quel problème il s’agit véritablement. Le corps a parlé. C’est lui qui a raison, car dépositaire de toutes les strates vécues dans notre vie.

Quelle est la différence entre la Sophrologie Caycédienne et la Sophrologie Psychosomatique ?

La Sophrologie Caycédienne repose sur l’entraînement du corps et de l’esprit pour développer la sérénité et le mieux-être. C’est avant tout une technique de relaxation et d’activation du corps et de l’esprit. Elle se propose de renforcer les attitudes et les valeurs positives au quotidien. C’est véritablement une technique d’auto-entraînement, sans visée thérapeutique à proprement parler. Ce serait davantage une discipline entre une contemplation de soi, une auto-hypnose (bien que Caycedo refuse totalement le terme d’hypnose pour la sophrologie), couplée avec les techniques respiratoires et les mouvements corporels, tout ceci sur la base de la phénoménologie réductive. On observe et on valide un phénomène, sans le traiter en profondeur. Par conséquent, la sophrologie caycédienne n’est pas vraiment une discipline à visée thérapeutique, basée sur la rencontre entre un thérapeute et son patient. Tout au plus elle manifeste l’intention de se détacher du phénomène perturbant. Lorsque Caycedo affirme que la sophrologie n’est pas une profession, tout au plus une « professionnalité », il se rend bien compte des limites de ses techniques.

D’ailleurs, suite à son entretien du 31 mai 2013 avec le Dr. Natalia Caycedo, la fille et l’héritière de la pensée d’Alfonso Caycedo, Anne-Flore Gaspar-Lolliot retranscrit ses réponses précises  dans un article pour www.doctissimo.fr. (« sophrologie caycédienne ») qui sont tout à fait éclairantes. La sophrologie n’est « ni une secte, ni une thérapie, ni une analyse, ni de la parapsychologie, ni de l’hypnose, ni du yoga, ni une religion, ni une philosophie, ni une simple technique de relaxation. (…) C’est un entraînement psycho-physique de la conscience, basé sur la perception positive de notre monde intérieur ainsi que sur notre relation positive avec le monde extérieur ». A la question si la sophrologie est une thérapie et un sophrologue un thérapeute, la réponse est claire : « Non (…) Un sophrologue reste avant tout un « égal » de celui qui fait appel à lui, un interlocuteur, un « guide » en quelque sorte et non un interprète, un analyste ou un médecin. En sophrologie, on ne parle d’ailleurs pas de « patient » mais de « client ». On qualifie la relation entre le sophrologue et son client « d’alliance phronique ». »

Voilà qui est clair. La Sophrologie Caycédienne est un « entraînement existentiel » selon son fondateur, pas une thérapie.

En revanche, la Sophrologie Psychosomatique, qui ne renie en rien la Sophrologie Caycédienne en tant que précurseur d’une grande valeur, est une véritable profession thérapeutique. Elle se réfère, bien entendu, à la sémantique de sophrologie de base, ainsi qu’aux techniques de relaxation, mais elle fait également appel à d’autres disciplines, comme la psychothérapie, la psychanalyse jungienne, mettant un accent tout particulier sur l’approche psychosomatique. Elle privilégie le lien avec Raja Yoga (yoga psychologique), Yoga Nidra, (Yoga du sommeil), Nada Yoga (Yoga du son), Jnana Yoga (Yoga philosophique), sans oublier Hatha Yoga corporel et l’approche vibratoire de Tantra. La démarche psycho-corporelle qui en résulte va à la recherche des projections inconscientes, de l’auto-questionnement aux représentations mentales et aux ressentis dans le corps. Elle met en place la chromothérapie vibratoire, les respirations psycho-corporelles, les visualisations symboliques sur l’écran mental de notre subconscient afin de comprendre ses mécanismes et ses manifestations.

Après s’être posé la question « Qui suis-je ? », en définissant son Moi par des identifications successives, le mental, le psychisme et le corps étant étroitement liés, les techniques utilisées vont dans la direction de l’accroissement du potentiel de l’individu. Elles permettront au consultant de revisiter son passé d’une façon non invasive, pour ensuite se réconcilier avec ses peurs, ses angoisses ou ses frustrations. De concert avec le thérapeute, il parviendra à les diagnostiquer, à les apprivoiser, puis à s’en détacher sans douleur. En même temps il entrera en résonance avec son corps, progressivement pacifié et rempli d’une sérénité nouvelle. Tout ce processus fait partie de la thérapie avec un sophrologue psychosomatique.

C’est ainsi que la Sophrologie Psychosomatique se distancie de l’approche purement phénoménologique de la Sophrologie Caycédienne. Son but  est d’amener progressivement, dans le cadre de la relation d’aide thérapeutique, un individu en souffrance à (re)devenir maître de sa vie. En libérant le corps des concepts refoulés dans l’inconscient, on lui permet de renouer avec son énergie vitale, voir avec son cœur, réveiller son intuition, pacifier les images mentales douloureuses, apprendre consciemment le lâcher-prise et l’empathie. Et pour terminer, adopter, en toute conscience et connaissance, un nouveau regard sur l’existence, rempli d’un bien-être insoupçonné.

Ainsi, si la devise des sophrologues caycédiens est « Ut Conscientia Noscatur » (Pour que la conscience soit connue), celle des sophrologues psychosomatiques est « Conscience, Connaissance, Bien-être ».

En toute connaissance de cause.

Helena Volet

 

 

 

 

 

 

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